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4 années ago
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Le SAMBO, l’art de terrasser l’ennemie

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Octobre 1917 : les révolutionnaires russes inventent une méthode de combat pour leurs forces spéciales… Octobre 2001, la France organise pour la 1re fois les championnats du Monde de Sambo.

Les clés du Sambo

Le Sambo de compétition se décompose en cinq grands groupes de techniques : prises de bras à la volée ; ramassages de jambes ; “planchettes russes” (équivalent des sutemi du Japon) ; projections à l’arraché (on prend l’adversaire au sol avant de le projeter) ; et les techniques de soumission (clés de cheville, clés de hanche, clés de bras – épaule, coude, poignet – clés de genoux). Notez que les clés de cou et étranglements sont réservés au Sambo de combat.

Le Sambo comprend aussi bien le travail de liaison debout/sol, que sol/debout. Dans ce dernier cas, on profite du fait de se relever pour projeter et marquer le point. En Sambo, on travaille beaucoup sur la prise de la ceinture, c’est l’héritage de la lutte géorgienne ; on retrouve également des techniques de la lutte gréco-romaine et de la lutte libre. La tenue est composée de quatre éléments : la veste appelée “kourka”, bleue ou rouge pour départager les compétiteurs ; des chaussures souples ; un short appelé “trusi” ; une ceinture insérée à la veste, pour éviter tout déshabillage pendant la compétition.

Le nom Sambo est la contraction de SAMozatchita Bez Orugia, qui signifie “self- défense sans arme”. Il a été élaboré à partir de 25 styles de luttes traditionnelles et de combat des républiques soviétiques, enrichi de certaines techniques européennes (Boxe française, Boxe anglaise), nord- africaines, moyen-orientales et asiatiques (Ju- jitsu, Judo, Kung-fu, lutte chinoise, lutte mongole, Aïkido, Karaté).

Une histoire mouvementée

Sous l’impulsion de Lénine, puis de Voroshilov, le groupe “dynamo” est lancé en 1923 pour effectuer des recherches. Anatoly Kharlampiev voyagea à l’Ouest, puis vers le Sud, et apprit des techniques de combat européennes et africaines. Oshepkov voyagea au Japon, il s’exerça au Ju-jitsu et au Judo auprès du fondateur Jigoro Kano. Spiridinov voyagea en Mongolie, en Chine et en Inde, et mit au point le Sambo sportif en s’appuyant sur ses connaissances en lutte libre, en pancrase et en lutte gréco-romaine venue des Etats baltiques. En outre, il inclut dans sa méthode des formes traditionnelles de lutte d’U.R.S.S. : les techniques géorgiennes, moldaviennes, takut, arméniennes, chuvash, turques et azerbaïdjanaises (spécialisée dans les “arrachés”). Ces recherches durèrent approximativement dix ans.

A part le Sambo sportif, on peut distinguer trois autres formes qui ont chacune un objectif différent.

  1. La partie close-combat : elle était destinée aux unités d’élite : les “forces spéciales de l’Union soviétique” et la “police secrète”. Le but était la destruction totale et définitive de l’ennemi lors d’opérations commandos ou toutes autres actions militaires, et même la possession de techniques de torture pour les interrogatoires. Etaient étudiés : les coups, les méthodes d’étouffement et d’immobilisation, le sabre, le fusil mitrailleur équipé de la baïonnette, le couteau, le bâton, la ceinture (utilisée comme fouet et arme d’immobilisation), l’épée, le sabre cosaque, la hache, et tout une gamme d’armes non standard. Le nom Sambo est un terme générique, il ne faut pas confondre le Sambo de compétition avec l’art martial russe appelé : “Sambo de combat Speisnaz » ou “système”. Cette confusion a été volontairement entretenue par le gouvernement à l’époque où le Sambo militaire était considéré comme un secret d’Etat.
  2. La partie réservée à la police : celle-ci portait spécialement sur les techniques d’immobilisation, les déséquilibres, les points de compression, et les frappes paralysantes. Toutes les techniques anti-émeutes, telle que la maîtrise des armes de poings et les gaz chimiques.
  3. La forme simplifiée de Sambo de compétition destinée à l’entraînement des troupes militaires : cette méthode permettait d’entraîner l’armée sans exiger du combattant du rang des connaissances techniques. On ne lui demandait que d’être en forme et en bonne santé.

Aujourd’hui, quelques groupes d’initiés s’entraînent à l’art martial russe, mais le Sambo de compétition, et le Sambo de combat ont de très beaux jours devant eux.

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Sambo

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